Essais nucléaires dans le Sahara : L'Algérie engage seule la dépollution du site d'In Ekker et fustige la dérobade de Paris
ALGER — L’Algérie a lancé dimanche, en pleine célébration du 72e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale, une deuxième opération de dépollution de l’ancien site d’essais nucléaires français de Béryl E2 à In Ekker (Tamanrasset), sur fond de vives dénonciations face au refus persistant de la…

ALGER — L’Algérie a lancé dimanche, en pleine célébration du 72e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale, une deuxième opération de dépollution de l’ancien site d’essais nucléaires français de Béryl E2 à In Ekker (Tamanrasset), sur fond de vives dénonciations face au refus persistant de la France d'assumer ses responsabilités historiques et pénales.
Conduite avec ses propres moyens sous la supervision du ministère de la Défense nationale (MDN) et en coordination avec l'Agence nationale chargée de la réhabilitation des sites, cette intervention vise à traiter les déchets radioactifs du tunnel Béryl E2 conformément aux normes internationales. Le MDN a ouvertement fustigé l'attitude de Paris, accusant la partie française de « continuer de se soustraire à sa responsabilité pénale » et de retenir les cartes topographiques ainsi que les registres des lieux d'enfouissement des déchets toxiques, lesquels constituent un véritable « obstacle au développement » des régions d'In Ekker et de Reggane.
Ce chantier complexe s'inscrit dans un contentieux historique lourd issu des 17 essais nucléaires réalisés par la France entre 1960 et 1966 dans le Sud algérien, marqués notamment par l'accident souterrain du tir Béryl le 1er mai 1962 qui avait provoqué de graves rejets radioactifs. Alors que le Parlement français a renforcé en 2026 le secret et les restrictions sur l'accès aux archives relatives à ces expérimentations, Alger poursuit la prise en charge autonome de ce dossier sanitaire et environnemental majeur.
Face à la réticence française répétée, malgré les démarches initiées par le président Abdelmadjid Tebboune et les demandes officielles formulées dès 2021 par le Chef d'État-Major de l'ANP, le général d'armée Saïd Chanegriha , cette deuxième opération fait suite à une première phase lancée le 13 février dernier à Taourirt Tan Afella. Elle confirme la volonté de l'État algérien de dépolluer l'ensemble des périmètres contaminés sans attendre le concours de l'ancienne puissance coloniale.
Wissem Chergui




